Nathalie PIGAMO, conseillère municipale de Marseille

Je vous mets en ligne le texte d'une pétition lancée à l'intiative du mensuel "Alternatives Economiques" que je viens de signer.

"Nous, soussignés, assujettis à l’impôt sur le revenu, et pour certains d’entre nous, à l’impôt de solidarité sur la fortune, considérons ces prélèvements comme légitimes et sommes fiers d’apporter ainsi notre contribution aux dépenses publiques nécessaires au progrès, à la cohésion sociale et à la sécurité de la nation. Nous considérons également qu’un impôt progressif sur les successions est le corollaire indispensable des libertés économiques offertes par l’économie de marché. Le marché est facteur de progrès parce qu’il permet à l’esprit d’entreprise de s’exprimer. Mais les inégalités qu’il engendre sont mortifères pour la démocratie si aucune limite n’est mise à la transmission héréditaire de la richesse. Celle-ci doit être acquise par le travail, par le talent, et non par le simple fait d’avoir hérité de ses parents. Une société où le pouvoir économique se transmet par héritage, est une société condamnée à une croissance lente, où les rentiers l’emportent sur les créateurs et où travail et mérite perdent toute valeur.
L’Etat doit bien sûr savoir se réformer. Augmenter les impôts n’est pas une fin en soi et la liberté de chacun passe par la libre disposition d’une large part du fruit de son travail. Mais voir des candidats à la magistrature suprême proposer des mesures démagogiques en matière fiscale et justifier la sécession sociale des plus riches nous consterne. Car nos revenus ne proviennent pas seulement de notre talent personnel. Ils ont été acquis par notre travail, mais celui-ci ne porterait pas ses fruits sans le stock d’infrastructures, d’innovations, de savoir-faire, de goût d’entreprendre, de lien social, qui nous a été transmis par les générations qui nous ont précédés. C’est cet héritage commun qu’il nous revient de préserver et de développer en priorité afin d’assurer la qualité actuelle et future de notre vie individuelle et collective. Ce qui passe par un niveau élevé de dépenses publiques. Ces dépenses ne sont pas seulement un coût, elles sont aussi un investissement, gage à la fois de justice et de dynamisme. C’est pourquoi nous consentons à l’impôt et récusons des baisses de la fiscalité dont la contrepartie serait l’insuffisance des moyens donnés à la protection sociale des plus pauvres, à l’éducation, à la recherche, à la santé, au logement ou encore à l’environnement."

Pour signer cette pétition et voir la liste des signataires, cliquez ici
Jeu 8 fév 2007 1 commentaire
GUERRE DE TROIE ET GUERRE DES MOTS ( Une histoire de boucliers) Pour copier Jean Giraudoux qui avait écrit une pièce de théâtre « la guerre de Troie n’aura pas lieu », je dis que pendant la récente campagne présidentielle la Guerre des mots a eu lieu et que nous l’avons perdue ! Dimanche soir 20 mai à la télé, j’ai revu le magnifique péplum « TROIE » avec Brad Pitt. Je regardais fasciné ces milliers de soldats grecs et troyens qui se précipitaient les uns contre les autres, une lance dans une main et tenant un bouclier de l’autre. Ce bouclier les protégeait réellement contre des attaques extérieures ( lances et flèches) , violentes et nocives pour leur intégrité physique. C’est à ce moment que j’ai réalisé que nous avons perdu la guerre des mots en mai 2007. « LE BOUCLIER FISCAL » : Cette image forgée par les experts en communication très aguerris du candidat de l’UMP s’est avérée redoutable d’efficacité. Nous avons tous repris et nous reprenons encore ce mot, pour le critiquer bien sûr…mais comment critiquer une arme qui protège ! ET POURTANT : Quand on la met à jour, la manipulation mentale devient évidente. Objectif : Proposer une baisse d’impôt pour les plus riches ( exigence forte d’une petite minorité de français qui disposent d’une énorme influence sur le candidat de droite), SANS CHOQUER les classes sociales moyennes et pauvres. Méthode : Changer l’image mentale de l’impôt. - Dans toutes les démocraties les impôts payés par les citoyens sur les richesses produites permettent à l’Etat de redistribuer une partie de ces richesses pour le bien de tous en finançant les grands travaux et le fonctionnement des services publics ( écoles, hôpitaux etc…). C’est donc normal et juste de payer des impôts. Certains se souviennent sans doute de ces reportages où, à notre grand étonnement de français, on apprenait que les riches américains se comparaient entre eux en donnant non pas le montant de leurs revenus mais plutôt celui de leur imposition. C’est juste également que l’impôt soit progressif (c’est à dire de plus en plus lourd à mesure que les revenus atteignent des sommes de plus en plus énormes). En effet, il est clair qu’à partir d’un certain niveau de ressources, ce n’est plus le travail personnel d’un seul individu qui crée les énormes plus-values financières. Celles ci sont le résultat du travail conjugué de dizaines voire de milliers de personnes Exemple : A quoi ressemblerait un concert de Johnny Hallidays au Zénith sans les musiciens, les techniciens, la maintenance, l’accueil et la sécurité ( le plus souvent payés au Smic) ? - Il leur faut changer cette image : L’IMPOT ne sera plus un DEVOIR CITOYEN mais une AGRESSION extérieure, aveugle, injuste ( un peu comme ces flèches tirées depuis les remparts), qui frappe chacun d’entre nous. Il faut donc s’en protéger ! Quoi de mieux qu’un BON BOUCLIER dans ce cas ? Un bouclier anti-impôt alors ? NON trop risqué ! Cela pourrait éveiller des soupçons chez les citoyens salariés qui ne peuvent pas échapper à l’impôt, eux. ( en 2004, 75% des français en activité sont des salariés qui gagnent moins de 2000 euros par mois). Alors ? Eh bien LE BOUCLIER SERA FISCAL ? C’est à dire qui protège du FISC. Un mot plus compliqué, vaguement inquiétant lui, qui sent l’inquisition, qui siffle à nos oreilles comme un objet coupant (une flèche, un couteau, un ciseau Fiskar pourquoi pas !). De plus la fiscalité est toujours suivie de l’adjectif INJUSTE dans les commentaires journalistiques. Tout cela va dans le bons sens. Et voilà comment , une mesure qui va permettre à une ultra minorité très riche d’échapper en partie à l’impôt, donc POUR PARLER CLAIR , UNE MESURE QUI LEGALISE LA FRAUDE FISCALE, devient un instrument pacifique et protecteur à l’image du bouclier. Dernière manipulation, toute en faux semblant, pour ne rien laisser au hasard : Nicolas Sarkozy annonce qu’il va « RAMENER » le bouclier fiscal à 50% ». Mais en bon français cela signifie bien qu’il va « REHAUSSER » la protection des riches contribuables contre l’impôt citoyen. Il y a pourtant BOUCLIER et BOUCLIER ! Quand le Parti Socialiste propose un « bouclier logement », l’image est ici juste et fondée. En effet, il s’agit de protéger le pouvoir d’achat des français les plus modestes contre une agression extérieure bien réelle qui s’appelle « hausse des loyers » ou encore « spéculation immobilière ». La comparaison avec le bouclier protecteur est donc ici tout à fait appropriée. Mais c’est le bouclier fiscal qui a gagné le 6 mai 2007 et qui va, j’en suis persuadé passer comme une lettre à la poste. De même sans doute que la FRANCHISE sur les remboursements de soins. Cette mesure qui sera présentée comme une mesure de simple bon sens est tout ce qu’on veut sauf FRANCHE (déf : sans équivoque ni arrière pensée). Jean
viau jean - le 22/05/2007 à 22h46