Extrait de l'interview parue dans Le Courrier des Maires - juin-juillet 2011.
Après ses nombreux propos honteux et la plainte de SOS Racisme pour
discrimination raciale, Claude Guéant aurait-il des remords ?
Le Ministre de l’Intérieur veut sûrement rassurer avec la création de « patrouilleurs » chargés de « donner plus de visibilité » afin « d’observer, d’écouter, de se renseigner, d’interpeller »
pour entretenir le « contact avec la population ». Cela ne vous rappelle rien ?
Mais si un petit effort, la police de proximité tant décriée par la droite et supprimée par Nicolas Sarkozy en 2003. Rappelez vous alors ses propos le 03 février 2003 à Toulouse où l’ancien
directeur départemental de la sécurité publique en Haute Garonne et père de la police de proximité avait été évincé et mis dans un placard.
Aujourd’hui, après la suppression de 10 792 emplois de policiers et gendarmes depuis 2007 par ses prédécesseurs, le Ministre de l’Intérieur les encourage à reprendre contact avec la population.
Preuve qu’ils l’avaient perdu ?
Depuis que Nicolas Sarkozy est Président, on n’a jamais autant regretté la politique menée par le gouvernement Jospin. Celle du partage de l’emploi, du partage de la richesse, de la justice, de
l’égalité, de la croissance.
Cette annonce de Claude Guéant arrive à quelques jours de notre débat sur la sécurité que nous aurons en conseil municipal le 30 mai prochain. Débat que le groupe Faire Gagner Marseille réclame
depuis longtemps déjà.
L’occasion peut être pour le Maire UMP de Marseille de nous annoncer le renforcement des effectifs de la police nationale sur la ville ? Allez on y croit, mais on ne se fait pas d’illusions. Il
faut noter que ce débat sera à huis clos, je le regrette fortement, même si Jean-Claude Gaudin dans un élan de générosité a décidé de l’ouvrir à tous les présidents de CIQ…
Lorsque l’on invite des représentants de la population autant inviter la population elle-même et les journalistes pour informer les marseillais… Surtout si c’est pour faire cette fois, des
annonces et non des promesses !
A l’heure où nous dénonçons les dérives verbales contrôlées du Front
National, certains élus à droite renforcent dangereusement l’appel de l’UMP aux électeurs d’extrême droite, balayant les valeurs fondatrices de notre République.
Roselyne Bachelot s’est exprimée contre les amendements proposés par Dominique Tian visant à une restriction de l’Aide Médicale d’Etat (AME). Alain Milon, sénateur UMP s’est livré à un vibrant plaidoyer en faveur de l’AME. Le rapport de la commission des Affaires sociales dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances (PLF) démonte point par point les arguments avancés par ceux qui dénoncent les dérives de ce dispositif.
Il a été démontré que les bénéficiaires n’ont pas plus de droit que ceux de la CMU complémentaire, qui ont au contraire accès à de meilleures prises en charge. D’autre part, la mise en place du titre sécurisé d’admission à l’AME font que les risques à la fraude sont minimes.
Les sénateurs avaient supprimé ces amendements, mais à la demande de François Fillon, la commission mixte paritaire vient de les rétablir.
Il est honteux de stigmatiser une population qui souffre. Cette restriction de l’aide médicale est dangereuse. Dangereuse vis-à-vis de l’idéologie qu’elle véhicule. Dangereuse car l’enjeu sanitaire que de telles dispositions peuvent engendrer est loin d’être négligeable. Imposer un forfait d’accès aux soins de 30 euros, c’est demander à des personnes percevant moins de 634 euros par mois, de renoncer à se soigner. Après les franchises, les déremboursements, voilà les plus précaires d’entre tous mis à contribution.
La reprise de ces amendements est une nouvelle fois la preuve de la dérive populiste de l’UMP et la démonstration que la loi qui vient d’être adoptée est non seulement injuste, mais également irresponsable.
Du mépris pour les citoyens et la
démocratie.
Hier soir Nicolas Sarkozy a encore tenté d’afficher un nouveau visage sans grande conviction. L’auto psychanalyse est devenue récurrente dans les interventions du Président de la République,
soucieux de retrouver sa cote de popularité en chute libre depuis plusieurs mois. Mais quel dédain pour les Français de se livrer ainsi à une introspection publique alors qu’ils sont de plus en
plus nombreux à souffrir de la précarité et des inégalités comme l’illustre le portrait social de la France publié aujourd’hui par l’INSEE. Quel mépris pour la mobilisation sociale sur les
retraites et l’inquiétude manifeste des jeunes. Quel déni de démocratie lorsque le président joue les professeurs autoritaires avec les journalistes au lieu de répondre aux questions et
stigmatise l’opposition au lieu d’essayer de comprendre le malaise et les attentes des Français.
Au menu : cuisine politicienne et populisme
Hier soir Nicolas Sarkozy est entré en campagne pour 2012. Malgré sa volonté de faire croire qu’il était au service de l’intérêt général, c’est plus que jamais un clan qui gouverne l’Etat. Quoi
qu’en dise le président, c’est bien un gouvernement partisan qu’il a constitué autour de lui pour préparer les élections de 2012. Il a réglé ses comptes tout en essayant d’absorber les voix
dissidentes à droite afin d’avoir le champ libre pour faire barrage à la gauche. Durant toute son intervention, il n’a eu de cesse de pointer du doigt et caricaturer la gauche, tentant de la
faire passer pour irresponsable et incarner ainsi la raison. Mais est-ce responsable de flirter avec le populisme comme il l’a fait avec ses propositions, ou plutôt ses effets d’annonce,
notamment sur la justice ?
L’entreprise de destruction sociale se poursuit
Etre responsable, ce n’est pas faire payer au plus grand nombre les avantages de quelques uns. Or la réforme de la fiscalité qu’a esquissé le président va dans le sens des inégalités et non de la
justice sociale. Au lieu de reconnaître tout simplement l’erreur du bouclier fiscal, le président cherche de nouvelles parades pour protéger ses amis par des arguments fallacieux et des
démonstrations acadabrantesques. Quant à son nouveau chantier sur la dépendance, cela s’inscrit tout simplement dans la droite ligne de l’entreprise de destruction sociale engagée depuis des
années par la droite. C’est tout simplement un moyen, après les retraites, d’achever la solidarité nationale.
Alors reconnaissons au moins une vérité dans les propos de Nicolas Sarkozy : oui il a véritablement l’intention d’aller jusqu’au bout et de ne pas s’arrêter là. Mais cela n’est pas pour nous
rassurer, car l’avenir de la France risque ainsi de s’assombrir un peu plus…
Qui peut arrêter Dominique Tian* et son Tea Party surnommé « Droite populaire » ?
Il semblerait que son travail sur les fraudes aux ASSEDIC lui soit monté à la tête et que notre député joue à « plus à droite que moi tu meurs ».
Il a commencé par proposer un amendement pour limiter l’accès à la nationalité française aux enfants de Mayotte et Guyane. Amendement si aberrant que Thierry Mariani et Eric Besson - dont nous n’avons plus à prouver leur penchant pour une droite aux relents xénophobes - se sont sentis obligés d’intervenir pour le faire rejeter.
Mais notre député a tellement pris au sérieux le grand virage à droite de Sarkozy qu’il ne s’est pas arrêté et a donc décidé par la suite de s’attaquer aux étrangers.
Ainsi, mardi dernier a été adopté à l’Assemblée Nationale, un amendement qui rend l’Aide Médicale d’Etat (AME) payante, à hauteur de 30 euros par an et par personne majeure. Un des arguments avancés a été celui du coût de ce dispositif qui « dérape » selon les propos de notre député, qui a produit des chiffres pour appuyer son argumentation. C’est la Ministre de la Santé elle-même qui a démontré la vacuité de cet argumentaire en répondant aux affirmations inexactes du député. Pour continuer dans la stigmatisation et la surenchère, cet amendement s’est accompagné d’un autre affirmant la volonté de ses auteurs de renforcer les contraintes sur les personnes adultes qui veulent bénéficier de l’AME. Il demande à vérifier systématiquement la condition de « stabilité de résidence » de ces personnes depuis plus de trois mois, ce qui rend l’accès quasiment impossible pour un étranger en situation irrégulière.
Heureusement que la droite modérée, pris de cas de conscience, a mis le holà en refusant un troisième amendement. Un amendement qui aurait abouti à l’exclusion de l’AME des maladies infectieuses graves comme le VIH, l’hépatite C ou encore la tuberculose. Le retard dans l’accès aux soins, que ces mesures entraineraient, aurait eu pour conséquence des soins plus lourds et donc plus coûteux. C’est là encore un de ses collègues UMP Rémi Delatte, rapporteur de la commission des Affaires Sociales qui a renvoyé notre cher député en soulignant l’absurdité et les conséquences négatives d’un tel amendement.
Alors quand je lis aujourd’hui dans le journal Métro que Dominique Tian ne comprend pas la grève des salariés de Pôle Emploi et que les gagnants de la réforme sont les chômeurs, je me demande dans quel monde vit cet homme. Ses amalgames douteux, ses prises de positions cherchent toujours à attaquer les plus précaires et en disent long sur sa distance vis à vis des réalités.
La suppression de 1800 postes revient, contrairement à ce que veut nous faire croire Dominique Tian, à pénaliser les millions de demandeurs d’emploi. S’il se satisfait du nombre de demandeurs d’emplois suivis par un conseiller, il oublie de préciser que ce chiffre est en augmentation de 12% par rapport à l’année dernière. Faire des économies sur l’accompagnement des chômeurs aura inévitablement des répercussions sur leurs chances de retrouver un emploi. Sans compter la pression encore plus forte qui pèsera sur les agents de Pôle Emploi qui ne cessent de dénoncer une dégradation plus forte de leurs conditions de travail.
Alors qu’il me tarde…
Qu’il me tarde, qu’il me
tarde que nous gagnions 2012 tant il y aura à faire pour recréer cette solidarité brisée par Sarkozy et des élus comme Dominique Tian. Ces élus qui
divisent la France cherchant à faire des plus précaires des parasites qui profiteraient d’avantages inconsidérés et inacceptables.
Qu’il me tarde que nous gagnions 2014 pour que Marseille renaisse et affiche haut ses couleurs car M. Tian n’est pas que député, il est aussi Maire de secteur. Ce Maire de secteur, qui n’a pas eu un seul mot envers ces femmes des 3 suisses, qui n’a rien fait pour sauver les salariés de Legré Mante, qui n’a pas bougé pour trouver une solution au conflit de Monoprix. Son attitude est loin de correspondre à la façon de vivre de notre ville qui a montré qu’elle savait être soudée quand on cherchait à l’écraser. Qu’il me tarde…
*Dominique TIAN est député de la 2ème circonscription des Bouches-du-Rhône et Maire des 6ème et 8ème Arrondissements de Marseille.
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