Mercredi 7 octobre 2009
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Voici mon intervention lors de la séance du conseil municipal de Marseille du 5 octobre 2009.
Autorisation de programme - CM 05/10/09
M. le Maire, Chers collègues,

Je suis intervenue déjà à plusieurs reprises au sujet des
autorisations de programme et de votre politique financière qui nous inspire pas mal d’inquiétudes.
Ce rapport et les suivants vont ainsi entériner une augmentation de plus de 25,7 millions € des engagements de la ville qui viennent s’ajouter au 1,4 milliards d’engagements déjà pris…
A chaque fois que nous pointons ces chiffres en expliquant la menace qu’ils font peser sur la situation budgétaire future de notre ville, vous nous répondez invariablement que tout ceci est faux et
que vous maîtrisez totalement la situation.
Je note néanmoins que Marseille vient d’être classée 4ème ville de France pour l’augmentation des impôts entre 2001 et 2008, ce qui n’est pas vraiment le signe d’une situation parfaitement
maîtrisée, vous me l’accorderez. Vous avez été une nouvelle fois obligés cette année d’augmenter la fiscalité de 4,9% ainsi que l’ensemble des tarifs de la ville.
A contrario de nombreux services rendus à la population n’ont pas été augmentés faute de crédits. L’ensemble du personnel communal sait enfin très bien qu’il est confronté à une austérité
budgétaire toujours plus draconienne et les associations marseillaises le savent aussi…
Notre groupe vous a indiqué à plusieurs reprises qu’il était conscient des contraintes qui pèsent sur notre ville, mais qu’il souhaitait un vrai débat sur ce sujet, débat accompagné de documents
chiffrés, de documents argumentés et s’inscrivant dans une perspective pluriannuelle. Ainsi, quel sera le montant annuel de nos investissements pour les années à venir ? Combien atteindra la dette
de la ville fin 2013 ? Je n’ose imaginer que ces simples questions vous semblent inutiles d’être portées à la connaissance de notre assemblée. Alors notre groupe vous réitère sa proposition pour
que le débat d’orientations budgétaires de 2010 soit l’occasion de répondre à ces questions et de montrer votre volonté de transparence et de dialogue constructif avec votre opposition.
Vous le savez, M. Le Maire et mes chers collègues, la nouvelle réforme en cours des collectivités locales n’augure rien de bon pour les finances locales comme en témoignent les oppositions ou les
réticences de l’ensemble des associations d’élus. Un ancien Premier Ministre (JP Raffarin) vient de déclarer qu’avec cette réforme bâclée, l’Etat mettait les collectivités « sous tutelle ». Et l’on
sait déjà que les dotations versées par l’Etat aux collectivités locales pour 2010 seront nettement à la baisse en euros constants. Ainsi le Premier Ministre actuel n’hésite pas à exiger des
collectivités locales qu’elles fassent encore des économies alors que, dans le même temps, l’Etat va laisser filer son déficit à 140 milliards et sa dette à plus de 1700 milliards, sans parler du
grand emprunt cher au Président de la République.
La moitié des dépenses de l’Etat sera ainsi financée à crédit en 2010 comme l’indique le journal Les Echos.
Avant de nous faire la morale et d’accuser les collectivités locales de « laxisme », il faudrait donc que l’Etat montre l’exemple, ce qui n’est manifestement pas le cas depuis de nombreuses
années.
Ainsi chers collègues, nous entrons aujourd’hui dans une période de graves incertitudes sur nos finances publiques et nos budgets locaux. Or les rapports que vous nous présentez aujourd’hui,
alourdissent un peu plus le montant des engagements de la ville sans en préciser leur financement.
C’est pour ces raisons que nous nous abstiendrons sur les rapports 68/69/70. En ce qui concerne le budget supplémentaire, même s’il ne comporte aucune opération significative, nous voterons contre
pour être cohérent avec notre vote négatif sur le budget primitif.
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