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Conseil municipal

Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 16:25

Voici mon intervention lors de la séance du conseil municipal de Marseille, du 27 septembre 2010.

Monsieur le Maire, chers collègues,

Vous le savez, l'Aïd el Kébir est prévu aux environs du 2O novembre même si la date reste encore plus ou moins incertaine cela aura lieu dans peu de temps.
Durant cette fête qui dure deux jours, a lieu le sacrifice des moutons.
Depuis 1989, la ville de Marseille a missionné pour l’organisation de ce sacrifice "le comité des chevillards marseillais". Ce comité est une association regroupant des personnes soucieuses de structurer et d’organiser dans les meilleures conditions possibles l'abattage des moutons pour tous les musulmans marseillais.

Chaque année, une entente est établie avec la ville pour que cette fête soit organisée aux abattoirs de St Louis dans le 15e.

nat-conseilmunicipal.jpg A la fermeture des abattoirs il y a quelques années, l'organisation de l'abattage s'est déroulé sur la place de St Louis, toujours près des anciens abattoirs, et toujours en accord avec la ville. D'année en année, le comité des chevillards investit pour assurer dans les meilleures conditions sanitaires cette fête célébrée par grand nombre de musulmans. Cette association qui regroupe plusieurs musulmans investis dans la vie économique de la ville. En effet, vous savez, Monsieur le Maire que cette association compte parmi ces membres de nombreuses personnalités de notre ville et qu’elles défendent, si besoin en était de le préciser, un islam républicain.

Ils ne cessent de lutter contre les clichés faciles qui sont souvent véhiculés notamment lors de la fête de l'Aïd où l'on déplore des sites d'abattages sauvages dans d'affreuses conditions

Le site de St Louis est le seul pour l'ensemble des quartiers nord de Marseille. Il est également et de loin le plus important pour toute la ville. Un site à l'extérieur même limitrophe est très difficilement envisageable car les espaces potentiels sont déjà occupés. Puis, pour des raisons pratiques il est nettement plus approprié d'avoir un espace dans notre ville.

Depuis deux ans, Mme vassal est en lien avec le comité des chevillards. Pour l'année 2009, l'autorisation de la ville de mettre à disposition le site de St Louis a été donnée dans la précipitation mais là n’est pas le problème puisqu’ il avait été convenu entre Mme Vassal et le comité que pour cette année, la ville s'engageait à travailler avec l'association bien en amont.

Or, depuis janvier 2010, Mme Vassal n'a plus souhaité répondre au comité des chevillards. A l'heure actuelle, aucune autorisation n’a été donnée et pour l'instant, des milliers de musulmans ne savent pas où ils pourront aller pour pratiquer leur religion dans des conditions descentes.

Nous courons le risque d'avoir ensuite des sites d'abattages sauvages, dans les cours, les jardins des maisons voire pire, dans des appartements.
Pourtant Mme Vassal a été, avec Mme Ghali, une des premières élues à s’insurger face à l’attitude d’Harry Roselmack dont il n’ait pas besoin, ici de rappeler le montage caricatural de son émission.

Nous devons ainsi empêcher que des citoyens marseillais soient montrés du doigt tout simplement parce qu’ils n’auraient pas la possibilité dans la 2ème ville de France de fêter correctement un moment important de leur vie.

Ainsi je vous demande Monsieur le Maire, de vous occuper de ce problème et de demander à vos élus de considérer ce dossier avec le plus grand sérieux et rapidement car le temps presse.
Par ailleurs, il serait bien que la Ville et l’association puissent enfin s’organiser bien en amont et qu’ils identifient un site qui deviendrait pérenne.
Je vous remercie

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Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /Sep /2010 18:08

Voici mon intervention lors de la séance du conseil municipal de Marseille, du lundi 21 juin 2010.

M. Le Maire, Mes chers collègues,

Avec ce rapport, vous montrez une nouvelle fois tout l’intérêt que porte votre municipalité aux difficultés de logement rencontrées par une immense majorité de marseillais.

nat-conseilmunicipal.jpg Une parcelle de 4400m2 est propriété de la ville dans le 8ème arrondissement qui compte, je le rappelle, moins de 7% de logements sociaux (soit 3 fois moins que ce qu’impose la loi SRU).

Votre municipalité décide de vendre cette parcelle très bien placée à un promoteur. Dans toutes les métropoles de France (Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse…) la mairie imposerait un quota de logements sociaux de 20 à 40%. Et bien à Marseille, alors que 80% des habitants sont éligibles au logement social, on ne demande absolument rien en terme de logement bon marché à ce promoteur qui fait ainsi une bien belle affaire.

Il semble, à lire le rapport, que l’on exige de ce promoteur qu’il construise les murs d’une crèche ce qui donne l’impression d’une contrepartie intéressante pour notre collectivité. Mais si on lit l’ensemble du dossier, l’on s’aperçoit que ce local sera en fait revendu « brut de décoffrage » au futur gestionnaire de l’équipement à 2150 euros HT/m2, ce qui n’est pas à proprement parler un cadeau…

Voilà un bel exemple de votre farouche volonté de développer les logements bon marché dans tous les secteurs de la ville !

Cette volonté, vous l’avez d’ailleurs aussi clairement affirmée voici quelques mois lors du Conseil d’Administration de Marseille Habitat dont j’ai pu me procurer le compte rendu. Il éclaire parfaitement votre état d’esprit.

Alors que Marseille Habitat se proposait de faire une opération de logement social 5/7 rue Mery dans le 2ème arrondissement, vous prenez la parole pour dire (je vous cite) :

« au regard de la situation particulière de cet ensemble immobilier situé à côté du projet de l’Hotel de classe internationale (c’est l’Hotel Dieu), la Ville de Marseille demande à Marseille Habitat d’en faire des logements intermédiaires garantissant un environnement de qualité dans ce site historique et non plus de logements sociaux » !

Dans votre esprit, le logement social est donc forcément laid et il s’adresse à une « clientèle » qui est incompatible avec la proximité d’un hôtel de luxe. En clair « chassons ces pauvres qui pourraient gâcher la vue des clients de cet hôtel prestigieux » !

C’est une belle vision de la ville et de la mixité sociale que vous donnez ainsi à tous les marseillais. Chacun chez soi et Dieu pour tous !

M. Le Maire, votre discours sur le logement semblait avoir évolué depuis quelques temps, en raison du mécontentement exprimé par de très nombreux marseillais. Vos pratiques, comme en témoignent ces deux exemples tout à fait concrets, restent malheureusement bien loin de ces discours généreux.

Votre politique immobilière est l’exact reflet de votre vision de la ville, façonnée avant tout par les exigences du marché. Imposer ou inciter la construction de logements bon marché à la Pointe Rouge alors que le m2 est vendu en moyenne 3500 à 4000 euros le m2 (comme en témoigne un récent article de La Provence), ceci ne rentre pas dans votre logiciel de pensée !

Laisser construire des ghettos, de riches comme de pauvres, c’est évidemment la solution la plus simple, mais c’est aussi construire une ville morcelée et divisée. Mais pour que notre métropole rayonne à l’extérieur, il faudrait avant tout qu’elle soit rassemblée et unie à l’intérieur. Avec votre politique de laissez faire, nous n’en prenons pas le chemin…

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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 10:05
Rapport n°16 / Conseil municipal de Marseille du lundi 8 février 2010 : Débat d’orientations budgétaires 2010

M. le Maire, Chers collègues,

La plupart des pays du monde affrontent depuis plusieurs mois une crise sans précédent : crise économique, crise sociale, crise financière avec une montée inquiétante des déficits et des dettes publiques. Une seule ville semble résister à cette tempête et à ces ravages : ce n’est pas Shangaï, Bombay ou Rio, mais Marseille !

Il faut, en effet, attendre la page 11 de ce rapport d’orientations budgétaires pour lire le mot « crise » puis, un peu plus loin, le mot « levier fiscal », en clair, « augmentation des impôts » pour la deuxième année consécutive ! Les premières pages du rapport sont ainsi un « copié/collé » des années antérieures, mélangeant allègrement bonnes intentions, autosatisfaction, incantations et communication. Laissez moi citer, par exemple, cette merveilleuse phrase : « en se dotant d’une Direction internet chargée de mettre en œuvre le nouveau site internet de Marseille, la Ville confirme son statut d’une grande métropole moderne et ouverte sur le monde » ! Comme s’il suffisait de créer un service internet pour devenir une métropole attractive !

Cette phrase étonnante relève de ce que les psychologues appellent « la pensée magique », c’est à dire la croyance que certaines pensées ou certaines phrases suffisent à provoquer des évènements ou à transformer les choses. Ainsi, il suffirait de dire que « tout va bien » pour modifier une réalité beaucoup plus morose.

Le Grand Port Maritime ainsi que toute l’économie portuaire connaît une crise sans précédent. Le chômage s’est accru de 14% en un an et son niveau est toujours 50% supérieur au niveau national. Le marché immobilier local est bloqué et notre petit commerce connaît des jours très difficiles.

Les problèmes de circulation sont toujours aussi aigüs même si le soutien massif du Conseil Général au nouveau plan de transport présenté par MM Guérini et Caselli, devrait enfin permettre d’améliorer véritablement les choses.

Notre ville, comme notre communauté urbaine, n’ont plus de marge de manœuvre et la réforme des collectivités locales en cours va un peu plus déstabiliser nos budgets. Le gouvernement, toujours à la recherche d’économies (il faut bien financer le bouclier fiscal !), vient ainsi d’accorder +0,6% de dotations à Marseille, soit une baisse réelle par rapport à l’inflation d’au moins 1%. Vous avez toujours beaucoup de faconde, M. Le Maire, pour dénoncer les aides, jamais suffisantes selon vous, du Département ou de la Région, mais je trouve qu’en ce qui concerne les restrictions budgétaires beaucoup plus importantes du gouvernement, vous êtes étrangement aphone…

Notre ville, à l’évidence, ne va pas très bien (comme en témoigne cette énième augmentation des impôts) mais face à ces nouveaux défis et à ces difficultés, votre doux refrain, lui, ne varie pas.

M. Blum s’est ainsi chaleureusement félicité des résultats du dernier recensement constatant 53.000 habitants supplémentaires dans notre ville en 8 ans, et il déclare « la population s’accroît de 1,5% par an depuis 1999 ; c’est le travail qui attire les nouveaux venus donc nous sommes sur la bonne voie ». Et revoilà la « pensée magique » !

Et bien j’ai le regret de dire à M. Blum que la progression sur 8 ans n’est pas de 1,5% par an ce qui serait, en effet, exceptionnel mais de 0,8% (source INSEE) ce qui nous met en dessous de Toulouse (1,6%), Bordeaux Montpellier (1,2%) et de quasiment toutes les villes du sud. En mettant en avant la « nouvelle attractivité » de la ville, M. Blum oublie aussi de dire que c’est la forte natalité qui explique pour moitié la hausse du nombre de ses habitants. Les nouveaux venus existent donc et je m’en félicite, mais leur nombre est beaucoup moins important que ce que vous affirmez.

Et M. Blum a oublié de nous parler d’une autre étude de l’INSEE publiée ces derniers jours, sur la stature métropolitaine des villes en terme d’emplois « supérieurs ». Cette étude place Aix-Marseille derrière quasiment toutes les grandes villes comme Grenoble, Toulouse, Lyon, Montpellier…mais qu’importe, l’important est d’affirmer que « nous sommes les meilleurs » ; nouvelle illustration de la « pensée magique » !

Alors si Marseille gagne indéniablement des habitants, qu’ils soient natifs de Marseille ou nouveaux arrivants, le premier devoir de la ville est de fournir à tous, des conditions de vie satisfaisantes. Je veux parler d’emplois dignes de ce nom, de places de crèches en nombre suffisant, de classes non surchargées et bien évidemment de logements décents et abordables. Et est-ce vraiment le cas ?

Prenons l’exemple du logement. Votre municipalité vient de fêter en fanfare les 15 ans de sa « soi disante » politique de logement. Tous vos Adjoints, avec le soutien d’une partie de la presse, ont été mobilisés pour se féliciter de leur bilan qui, à les écouter, est évidemment extrêmement positif. Ce qui est très amusant, c’est que le principal prospectus consacré à cet exercice d’autosatisfaction commence ainsi : « dès 2006, la Ville de Marseille s’est engagée dans une politique du logement destinée à offrir à chaque Marseillais la possibilité d’accéder à un logement ». Mais qu’a donc fait l’équipe municipale aux commandes de 1995 à 2005 ? Pas grand chose, il faut croire…

« Logement social, rétablissons la vérité » titre avec emphase ce même prospectus. Oui, la vérité est que 70% des marseillais peuvent prétendre à un logement social mais que 70% des logements construits dans cette ville ne leur sont pas destinés. La vérité est que vous avez refusé dernièrement l’agrément de 300 logements sociaux dans les quartiers sud, comme vous l’aviez déjà fait en 1995 pour 800 logements. Et si j’en crois les dernières déclarations de M. Apparu, Secrétaire d’Etat au Logement, vous risquez d’être contraints par votre propre gouvernement d’augmenter fortement la part des logements sociaux construits ! Dépassés sur votre gauche par le gouvernement Sarkozy, voilà qui ne manque pas de sel !

La vérité, c’est aussi que les impôts des Marseillais servent à verser 300.000€ à l’entreprise Kaufman & Broad pour qu’elle construise des logements à 2600 euros le m2 ; et qu’ils subventionnent de la même façon la « pauvre » entreprise AXA pour bâtir un hôtel 5 étoiles à 500 euros la chambre. La vérité est enfin qu’il y a des dizaines de milliers d’habitants mal logés voir pas logés du tout dans cette ville comme vient de le confirmer la Fondation Abbé Pierre. Malgré cette réalité, votre document ose s’intituler : « Marseille, un logement pour tous ». Nous sommes là une nouvelle fois dans « la pensée magique », pour ne pas dire dans la manipulation cynique…Et quand on nous annonce, dans ce même document, les grands projets de rénovation ANRU coûtant des centaines de millions euros, permettez-nous d’attendre de voir la réalité de leur financement avant d’applaudir à deux mains.

M. Le Maire, chers collègues, ce constat peut vous paraître injuste, mais ce sont là des faits et des chiffres avec lesquels vous êtes si souvent fâchés. Mais pour être parfaitement objective, j’ai bien noté que le montant des investissements a été relativement satisfaisant en 2009 (222M€) et que la dette, pour une fois, n’a pas augmenté mais qu’elle reste à un niveau alarmant (1,848 milliard).

Et comme M. Tourret va me répondre que cette dette n’a pas augmenté depuis 1995 et que M Moraine me dira aussi gentiment que lors du dernier conseil municipal que je ne comprends rien aux finances , je leur répondrai que c’est eux qui omettent simplement de comptabiliser la dette transférée et « portée » par MPM qui, fin 2007, atteignait déjà 1,1 milliard € dont 80%, soit 880 millions, est à la charge des contribuables marseillais. Un tout petit oubli donc !
La pensée magique en œuvre une nouvelle fois !

Quel sera enfin le montant exact de nos investissements pour 2010 ? Cette question semble légitime dans un débat d’orientations budgétaires. On nous dit en effet que la future augmentation d’impôts servira à préserver nos investissements, mais le rapport, toujours avare de chiffres précis, ne répond pas précisément à la question. Je cite : « nos contraintes impliqueront la mise en œuvre d’une stratégie d’investissement mesurée qui s’appuiera sur la poursuite des programmes en cours ». Allez comprendre ! Pour le moment, certaines mairies de secteur ont été avisées que les travaux d’entretien allaient être en baisse de 30 à 50% et cela ressemble donc à une cure d’austérité qui ne dit pas son nom… j’espère que M. Tourret pourra peut être nous dire des choses plus précises tout à l’heure!

De la même façon, le rapport indique qu’il sera assurée une gestion des ressources humaines rigoureuse à l’instar de l’année 2009, qui a vu le nombre d’agents diminuer de 200 postes environ. Pourtant, si j’en crois certains tracts syndicaux, la mairie devrait recruter cette année 299 agents plus 85 apprentis et ouvrir 393 postes aux concours.

Je vous avoue que je n’y comprends plus rien et j’aimerais que M. Tourret nous précise donc comment évolueront finalement les effectifs et les dépenses de personnel en 2010. C’est un élément essentiel dans notre débat alors que la réorganisation en cours aggrave encore les inquiétudes du personnel communal confronté à des conditions de travail de plus en plus difficiles.

M. Le Maire, chers collègues, un nombre croissant de citoyens et de responsables (le dernier en date, après M. Assante, étant M. Teissier) critiquent les dysfonctionnements de votre municipalité, les inégalités de traitement entre les uns et les autres et votre difficulté à porter de grands projets fédérateurs.

Comme je viens de le démontrer votre attitude relève souvent de la « pensée magique ». Pour les psychologues, ce comportement constitue une tentative d’échapper à l’angoisse de l’inconnu et au conflit intérieur.
Et le problème est bien là : où va notre ville à l’heure actuelle ? quel est son projet fédérateur ? et quel sera son véritable rang dans les années à venir ?

Au delà d’un manque évident de moyens, c’est surtout votre absence de stratégie claire et votre incapacité à dialoguer, à mobiliser et à pousser les grands dossiers que notre groupe dénonce aujourd’hui. A l’heure où vous vous apprêtez, une nouvelle fois, à augmenter sensiblement les impôts de tous les marseillais, cette absence d’ambition et de clarté mais aussi de rigueur et d’équité n’en est que plus choquante.

Je vous remercie.
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 09:25
Voici mon intervention lors de la séance du conseil municipal de Marseille du 5 octobre 2009.

Autorisation de programme - CM 05/10/09

M. le Maire, Chers collègues,

Je suis intervenue déjà à plusieurs reprises au sujet des autorisations de programme et de votre politique financière qui nous inspire pas mal d’inquiétudes.
Ce rapport et les suivants vont ainsi entériner une augmentation de plus de 25,7 millions € des engagements de la ville qui viennent s’ajouter au 1,4 milliards d’engagements déjà pris…
A chaque fois que nous pointons ces chiffres en expliquant la menace qu’ils font peser sur la situation budgétaire future de notre ville, vous nous répondez invariablement que tout ceci est faux et que vous maîtrisez totalement la situation.
Je note néanmoins que Marseille vient d’être classée 4ème ville de France pour l’augmentation des impôts entre 2001 et 2008, ce qui n’est pas vraiment le signe d’une situation parfaitement maîtrisée, vous me l’accorderez. Vous avez été une nouvelle fois obligés cette année d’augmenter la fiscalité de 4,9% ainsi que l’ensemble des tarifs de la ville.
A contrario de nombreux services rendus à la population n’ont pas été augmentés faute de crédits. L’ensemble du personnel communal sait enfin très bien qu’il est confronté à une austérité budgétaire toujours plus draconienne et les associations marseillaises le savent aussi…
Notre groupe vous a indiqué à plusieurs reprises qu’il était conscient des contraintes qui pèsent sur notre ville, mais qu’il souhaitait un vrai débat sur ce sujet, débat accompagné de documents chiffrés, de documents argumentés et s’inscrivant dans une perspective pluriannuelle. Ainsi, quel sera le montant annuel de nos investissements pour les années à venir ? Combien atteindra la dette de la ville fin 2013 ? Je n’ose imaginer que ces simples questions vous semblent inutiles d’être portées à la connaissance de notre assemblée. Alors notre groupe vous réitère sa proposition pour que le débat d’orientations budgétaires de 2010 soit l’occasion de répondre à ces questions et de montrer votre volonté de transparence et de dialogue constructif avec votre opposition.

Vous le savez, M. Le Maire et mes chers collègues, la nouvelle réforme en cours des collectivités locales n’augure rien de bon pour les finances locales comme en témoignent les oppositions ou les réticences de l’ensemble des associations d’élus. Un ancien Premier Ministre (JP Raffarin) vient de déclarer qu’avec cette réforme bâclée, l’Etat mettait les collectivités « sous tutelle ». Et l’on sait déjà que les dotations versées par l’Etat aux collectivités locales pour 2010 seront nettement à la baisse en euros constants. Ainsi le Premier Ministre actuel n’hésite pas à exiger des collectivités locales qu’elles fassent encore des économies alors que, dans le même temps, l’Etat va laisser filer son déficit à 140 milliards et sa dette à plus de 1700 milliards, sans parler du grand emprunt cher au Président de la République.
La moitié des dépenses de l’Etat sera ainsi financée à crédit en 2010 comme l’indique le journal Les Echos.
Avant de nous faire la morale et d’accuser les collectivités locales de « laxisme », il faudrait donc que l’Etat montre l’exemple, ce qui n’est manifestement pas le cas depuis de nombreuses années.

Ainsi chers collègues, nous entrons aujourd’hui dans une période de graves incertitudes sur nos finances publiques et nos budgets locaux. Or les rapports que vous nous présentez aujourd’hui, alourdissent un peu plus le montant des engagements de la ville sans en préciser leur financement.
C’est pour ces raisons que nous nous abstiendrons sur les rapports 68/69/70. En ce qui concerne le budget supplémentaire, même s’il ne comporte aucune opération significative, nous voterons contre pour être cohérent avec notre vote négatif sur le budget primitif.
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Mercredi 8 juillet 2009 3 08 /07 /Juil /2009 17:41
Voici mon intervention lors de la séance du Conseil Municipal de Marseille du 29 juin 2009

Arrêté du compte administratif
Rapports n° 54 - CM 29/06/09

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Avant toute chose permettez moi de rappeler que les questions budgétaires sont loin d'être un simple jeu de rôles où M. Tourret (et dans quelques minutes M. Moraine) nous affirmeraient que la ville contrôle parfaitement la situation et mène une politique performante et efficace et où l'opposition s'apprêterait simplement à dire le contraire.

Non pour notre groupe il ne s'agit pas de cela mais bel et bien de tenir un langage de vérité sur les finances de la Ville qui engagent l'avenir même de celle-ci et de tous les marseillais.


C'est la raison pour laquelle en ce qui concerne le compte administratif, je ne m'en tiendrai qu'aux chiffres tous tirés de ce rapport.

 

Alors ces chiffres que disent ils ? Et bien que les dépenses d'investissement de 2008 (210,5 millions €) sont en diminution de 17% par rapport à 2007 (253 millions €). Elles sont aussi en baisse par rapport à 2006 ou elles atteignaient 224 millions.
Paradoxalement, les emprunts réalisés dans l'année sont en hausse (134,5 millions € en 2008 contre 132,8 millions en 2007).

 

Emprunter plus pour investir moins, cela veut dire simplement et logiquement que l'épargne de la ville est à nouveau en baisse, ce qui est un très mauvais signe.
Vous en avez vous-même certainement pris conscience puisque vous avez décidé, dés cette année, d'augmenter une nouvelle fois les impôts ménages de 4,9%.

Enfin, et c'est une grande première, le stock global de la dette est en diminution de ...0,1%; à ce rythme il nous faudra environ 900 ans pour nous désendetter complètement.

Ces chiffres là, vous ne pouvez les contester, car je le répète, ils sont tirés du document que nous avons en main. Ce sont donc les interprétations et les commentaires que chacun peut en faire qui sont aujourd'hui l'objet de nos débats.

M. Tourret, Adjoint aux Finances depuis des années, se sent obligé de dire publiquement que l'exercice 2008 est satisfaisant et que la situation est parfaitement contrôlée, ce que démentent assez clairement les chiffres que je viens de citer.

A l'entendre, j'ai quelques fois l'impression d'écouter ces grands dirigeants de banque qui nous expliquaient début 2008 que tout allait bien et que les risques étaient parfaitement contrôlés...
Bien sûr loin de moi l'idée de comparer la situation de la ville de Marseille à celle de la banque Dexia, mais je crois qu'il est extrêmement important de tenir un langage de vérité et de transparence aux citoyens, aux associations ainsi qu'au personnel communal.


Tous ces acteurs sont aujourd'hui confrontés à des hausses de tarifs, à des baisses de subvention ou à un manque de moyen flagrant dans de nombreux services communaux. Nous sommes en pleine austérité budgétaire « honteuse », sans aucun effort de pédagogie de votre part.

Pendant 14 ans, vous n'avez eu de cesse de dénoncer « l'héritage » de vos prédécesseurs ; c'est de bonne guerre. Mais vous auriez pu, Monsieur le Maire, vous auriez du ouvrir un grand débat sur nos finances.
De ce débat aurait pu être naître des consensus sur les mesures de redressement à envisager. Ces choix courageux, beaucoup de responsables les auraient compris et les auraient acceptés. Mais vous avez préféré ignorer cette voie de bon sens pour bercer les marseillais de discours enflammés sur le renouveau de la ville et son boom immobilier. La conjoncture, vous le reconnaitrait est, hélas, moins porteuse aujourd'hui et les problèmes sont toujours là.

Bien sûr, nos concitoyens ont besoin de rêver, mais malheureusement, nous ne jouons pas à la roue de la fortune.

Notre situation financière et budgétaire n'est objectivement pas bonne et de nombreux éléments nous manquent encore pour en apprécier complètement la réalité.

 

Qui connaît le montant total des engagements de la ville vis à vis de ses satellites comme Marseille Aménagement ou HMP, sociétés confrontées à d'importantes difficultés ? Qui mesure les risques liés à notre endettement en emprunts structurés ? Qui évalue enfin les coûts futurs des contrats de Partenariat Publics Privés (les fameux PPP) ou des Délégations de service public dont la ville, faute de marges de manœuvre, commence à en faire un usage immodéré ?

Voici des années, Monsieur le Maire, que nous vous demandons de présenter à notre assemblée une véritable prospective financière et un plan pluriannuel d'investissement affichant clairement vos priorités ainsi qu'une programmation cohérente et chiffrée des grands investissements.
Quasiment toutes les grandes villes de France le font, quelle que soit leur couleur politique quelle que soit leur situation financière. 


Marseille, une nouvelle fois, fait exception à cet exercice de transparence et nous devons nous contenter ici des seules explications doucereuses de M. Tourret et des satisfécits enthousiastes de M. Moraine.

Dans l'esprit d'une gouvernance « apaisée », nous ne pouvons que déplorer ce refus incompréhensible de vous livrer à cet exercice de vérité.


Je suis persuadée que de nombreux membres de votre majorité sont eux mêmes demandeurs d'un tel débat pour comprendre enfin quelle est la situation réelle de notre ville.

 

Dans l'attente, nous nous abstiendrons donc sur le vote de ce compte administratif. 

 

Groupe « Faire gagner Marseille » – Conseil municipal du 29/06/2009


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