Voici mon intervention lors de la séance du conseil municipal de Marseille, du 27 septembre 2010.
Monsieur le Maire, chers collègues,
Vous le savez, l'Aïd el Kébir est prévu aux environs du 2O novembre même si la date reste encore plus ou moins incertaine cela aura lieu dans peu de temps.
Durant cette fête qui dure deux jours, a lieu le sacrifice des moutons.
Depuis 1989, la ville de Marseille a missionné pour l’organisation de ce sacrifice "le comité des chevillards marseillais". Ce comité est une association regroupant des personnes soucieuses de
structurer et d’organiser dans les meilleures conditions possibles l'abattage des moutons pour tous les musulmans marseillais.
Chaque année, une entente est établie avec la ville pour que cette fête soit organisée aux abattoirs de St Louis dans le 15e.
A la fermeture des abattoirs il y a
quelques années, l'organisation de l'abattage s'est déroulé sur la place de St Louis, toujours près des anciens abattoirs, et toujours en accord avec la ville. D'année en année, le comité des
chevillards investit pour assurer dans les meilleures conditions sanitaires cette fête célébrée par grand nombre de musulmans. Cette association qui regroupe plusieurs musulmans investis dans la
vie économique de la ville. En effet, vous savez, Monsieur le Maire que cette association compte parmi ces membres de nombreuses personnalités de notre ville et qu’elles défendent, si besoin en
était de le préciser, un islam républicain.
Ils ne cessent de lutter contre les clichés faciles qui sont souvent véhiculés notamment lors de la fête de l'Aïd où l'on déplore des sites d'abattages sauvages dans d'affreuses conditions
Le site de St Louis est le seul pour l'ensemble des quartiers nord de Marseille. Il est également et de loin le plus important pour toute la ville. Un site à l'extérieur même limitrophe est très
difficilement envisageable car les espaces potentiels sont déjà occupés. Puis, pour des raisons pratiques il est nettement plus approprié d'avoir un espace dans notre ville.
Depuis deux ans, Mme vassal est en lien avec le comité des chevillards. Pour l'année 2009, l'autorisation de la ville de mettre à disposition le site de St Louis a été donnée dans la
précipitation mais là n’est pas le problème puisqu’ il avait été convenu entre Mme Vassal et le comité que pour cette année, la ville s'engageait à travailler avec l'association bien en
amont.
Or, depuis janvier 2010, Mme Vassal n'a plus souhaité répondre au comité des chevillards. A l'heure actuelle, aucune autorisation n’a été donnée et pour l'instant, des milliers de musulmans ne
savent pas où ils pourront aller pour pratiquer leur religion dans des conditions descentes.
Nous courons le risque d'avoir ensuite des sites d'abattages sauvages, dans les cours, les jardins des maisons voire pire, dans des appartements.
Pourtant Mme Vassal a été, avec Mme Ghali, une des premières élues à s’insurger face à l’attitude d’Harry Roselmack dont il n’ait pas besoin, ici de rappeler le montage caricatural de son
émission.
Nous devons ainsi empêcher que des citoyens marseillais soient montrés du doigt tout simplement parce qu’ils n’auraient pas la possibilité dans la 2ème ville de France de fêter correctement un
moment important de leur vie.
Ainsi je vous demande Monsieur le Maire, de vous occuper de ce problème et de demander à vos élus de considérer ce dossier avec le plus grand sérieux et rapidement car le temps presse.
Par ailleurs, il serait bien que la Ville et l’association puissent enfin s’organiser bien en amont et qu’ils identifient un site qui deviendrait pérenne.
Je vous remercie
Voici mon intervention lors de la séance du conseil municipal de Marseille, du lundi 21 juin 2010.
M. Le Maire, Mes chers collègues,
Avec ce rapport, vous montrez une nouvelle fois tout l’intérêt que porte votre municipalité aux difficultés de logement rencontrées par une immense majorité de marseillais.
Une parcelle de 4400m2 est propriété
de la ville dans le 8ème arrondissement qui compte, je le rappelle, moins de 7% de logements sociaux (soit 3 fois moins que ce qu’impose la loi SRU).
Votre municipalité décide de vendre cette parcelle très bien placée à un promoteur. Dans toutes les métropoles de France (Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse…) la mairie imposerait un quota de
logements sociaux de 20 à 40%. Et bien à Marseille, alors que 80% des habitants sont éligibles au logement social, on ne demande absolument rien en terme de logement bon marché à ce promoteur qui
fait ainsi une bien belle affaire.
Il semble, à lire le rapport, que l’on exige de ce promoteur qu’il construise les murs d’une crèche ce qui donne l’impression d’une contrepartie intéressante pour notre collectivité. Mais si on
lit l’ensemble du dossier, l’on s’aperçoit que ce local sera en fait revendu « brut de décoffrage » au futur gestionnaire de l’équipement à 2150 euros HT/m2, ce qui n’est pas à proprement parler
un cadeau…
Voilà un bel exemple de votre farouche volonté de développer les logements bon marché dans tous les secteurs de la ville !
Cette volonté, vous l’avez d’ailleurs aussi clairement affirmée voici quelques mois lors du Conseil d’Administration de Marseille Habitat dont j’ai pu me procurer le compte rendu. Il éclaire
parfaitement votre état d’esprit.
Alors que Marseille Habitat se proposait de faire une opération de logement social 5/7 rue Mery dans le 2ème arrondissement, vous prenez la parole pour dire (je vous cite) :
« au regard de la situation particulière de cet ensemble immobilier situé à côté du projet de l’Hotel de classe internationale (c’est l’Hotel Dieu), la Ville de Marseille demande à Marseille
Habitat d’en faire des logements intermédiaires garantissant un environnement de qualité dans ce site historique et non plus de logements sociaux » !
Dans votre esprit, le logement social est donc forcément laid et il s’adresse à une « clientèle » qui est incompatible avec la proximité d’un hôtel de luxe. En clair « chassons ces pauvres qui
pourraient gâcher la vue des clients de cet hôtel prestigieux » !
C’est une belle vision de la ville et de la mixité sociale que vous donnez ainsi à tous les marseillais. Chacun chez soi et Dieu pour tous !
M. Le Maire, votre discours sur le logement semblait avoir évolué depuis quelques temps, en raison du mécontentement exprimé par de très nombreux marseillais. Vos pratiques, comme en témoignent
ces deux exemples tout à fait concrets, restent malheureusement bien loin de ces discours généreux.
Votre politique immobilière est l’exact reflet de votre vision de la ville, façonnée avant tout par les exigences du marché. Imposer ou inciter la construction de logements bon marché à la Pointe
Rouge alors que le m2 est vendu en moyenne 3500 à 4000 euros le m2 (comme en témoigne un récent article de La Provence), ceci ne rentre pas dans votre logiciel de pensée !
Laisser construire des ghettos, de riches comme de pauvres, c’est évidemment la solution la plus simple, mais c’est aussi construire une ville morcelée et divisée. Mais pour que notre métropole
rayonne à l’extérieur, il faudrait avant tout qu’elle soit rassemblée et unie à l’intérieur. Avec votre politique de laissez faire, nous n’en prenons pas le chemin…
Je suis intervenue déjà à plusieurs reprises au sujet des
autorisations de programme et de votre politique financière qui nous inspire pas mal d’inquiétudes.Avant toute chose permettez moi de rappeler que les questions budgétaires sont loin d'être un simple jeu de rôles où M. Tourret (et dans quelques minutes M. Moraine) nous affirmeraient que la ville contrôle parfaitement la situation et mène une politique performante et efficace et où l'opposition s'apprêterait simplement à dire le contraire.
Non pour notre groupe il ne s'agit pas de cela mais bel et bien de tenir un langage de vérité sur les finances de la Ville qui engagent l'avenir même de celle-ci et de tous les marseillais.
C'est la raison pour laquelle en ce qui concerne le compte administratif, je ne m'en tiendrai qu'aux chiffres tous tirés de ce rapport.
Alors ces chiffres que disent ils ? Et bien que les dépenses d'investissement de 2008 (210,5 millions €) sont en diminution de 17% par rapport à 2007 (253 millions €). Elles sont aussi en baisse
par rapport à 2006 ou elles atteignaient 224 millions.
Paradoxalement, les emprunts réalisés dans l'année sont en hausse (134,5 millions € en 2008 contre 132,8 millions en 2007).
Emprunter plus pour investir moins, cela veut dire simplement et logiquement que l'épargne de la ville est à nouveau en baisse, ce qui est un très mauvais signe.
Vous en avez vous-même certainement pris conscience puisque vous avez décidé, dés cette année, d'augmenter une nouvelle fois les impôts ménages de 4,9%.
Enfin, et c'est une grande première, le stock global de la dette est en diminution de ...0,1%; à ce rythme il nous faudra environ 900 ans pour nous désendetter complètement.
Ces chiffres là, vous ne pouvez les contester, car je le répète, ils sont tirés du document que nous avons en main. Ce sont donc les interprétations et les commentaires que chacun peut en faire qui sont aujourd'hui l'objet de nos débats.
M. Tourret, Adjoint aux Finances depuis des années, se sent obligé de dire publiquement que l'exercice 2008 est satisfaisant et que la situation est parfaitement contrôlée, ce que démentent assez clairement les chiffres que je viens de citer.
A l'entendre, j'ai quelques fois l'impression d'écouter ces grands dirigeants de banque qui nous expliquaient début 2008 que tout allait bien et que les risques étaient parfaitement
contrôlés...
Bien sûr loin de moi l'idée de comparer la situation de la ville de Marseille à celle de la banque Dexia, mais je crois qu'il est extrêmement important de tenir un langage de vérité et de
transparence aux citoyens, aux associations ainsi qu'au personnel communal.
Tous ces acteurs sont aujourd'hui confrontés à des hausses de tarifs, à des baisses de subvention ou à un manque de moyen flagrant dans de nombreux services communaux. Nous sommes en pleine
austérité budgétaire « honteuse », sans aucun effort de pédagogie de votre part.
Pendant 14 ans, vous n'avez eu de cesse de dénoncer « l'héritage » de vos prédécesseurs ; c'est de bonne guerre. Mais vous auriez pu, Monsieur le Maire, vous auriez du ouvrir un grand débat sur
nos finances.
De ce débat aurait pu être naître des consensus sur les mesures de redressement à envisager. Ces choix courageux, beaucoup de responsables les auraient compris et les auraient acceptés. Mais vous
avez préféré ignorer cette voie de bon sens pour bercer les marseillais de discours enflammés sur le renouveau de la ville et son boom immobilier. La conjoncture, vous le reconnaitrait est,
hélas, moins porteuse aujourd'hui et les problèmes sont toujours là.
Bien sûr, nos concitoyens ont besoin de rêver, mais malheureusement, nous ne jouons pas à la roue de la fortune.
Notre situation financière et budgétaire n'est objectivement pas bonne et de nombreux éléments nous manquent encore pour en apprécier complètement la réalité.
Qui connaît le montant total des engagements de la ville vis à vis de ses satellites comme Marseille Aménagement ou HMP, sociétés confrontées à d'importantes difficultés ? Qui mesure les risques liés à notre endettement en emprunts structurés ? Qui évalue enfin les coûts futurs des contrats de Partenariat Publics Privés (les fameux PPP) ou des Délégations de service public dont la ville, faute de marges de manœuvre, commence à en faire un usage immodéré ?
Voici des années, Monsieur le Maire, que nous vous demandons de présenter à notre assemblée une véritable prospective financière et un plan pluriannuel d'investissement affichant clairement vos
priorités ainsi qu'une programmation cohérente et chiffrée des grands investissements.
Quasiment toutes les grandes villes de France le font, quelle que soit leur couleur politique quelle que soit leur situation financière.
Marseille, une nouvelle fois, fait exception à cet exercice de transparence et nous devons nous contenter ici des seules explications doucereuses de M. Tourret et des satisfécits enthousiastes de
M. Moraine.
Dans l'esprit d'une gouvernance « apaisée », nous ne pouvons que déplorer ce refus incompréhensible de vous livrer à cet exercice de vérité.
Je suis persuadée que de nombreux membres de votre majorité sont eux mêmes demandeurs d'un tel débat pour comprendre enfin quelle est la situation réelle de notre ville.
Dans l'attente, nous nous abstiendrons donc sur le vote de ce compte administratif.
Groupe « Faire gagner Marseille » – Conseil municipal du 29/06/2009
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