Irresponsables… Voilà la seule
réponse du Gouvernement à la mobilisation massive des citoyens pour sauvegarder les retraites. Mais qui est irresponsable ? Ceux qui veulent offrir une alternative politique à l’entreprise de
destruction sociale engagée par le Gouvernement ou les ministres qui stigmatisent les jeunes qui se mobilisent pour leur avenir ? On ne peut pas déplorer l’ascension de l’abstention les soirs
d’élections et mépriser les citoyens lorsqu’ils veulent se faire entendre. On ne peut pas se dire désespéré de la dépolitisation des jeunes et dénigrer leur engagement lorsqu’ils démontrent
qu’ils ont des choses à dire.
Nous étions très nombreux dans les rues de Marseille lors de la dernière manifestation du 12 octobre pour dire non à ce projet de réforme des retraites. Nous serons encore plus nombreux, jeunes
et moins jeunes, jusqu’à ce que le Gouvernement décide d’entendre les citoyens et d’agir enfin de manière responsable. Tester les limites des Français, jouer sur les peurs et miser sur le
renoncement des citoyens, telle est la stratégie du couple Fillon/Sarkozy. Mais l’inflexibilité affichée par le pouvoir ne désespère pas les Français, bien au contraire, ils sont au rendez-vous
pour lutter contre la casse sociale.
Nous, socialistes prenons nos responsabilités en proposant un autre projet de société, il serait temps que le Gouvernement prenne les siennes.
Les propositions du PS pour nos retraites : www.parti-socialiste.fr/retraites
Je voudrais revenir sur l’entreprise de désinformation à l’œuvre aujourd’hui en France.
Le dossier n’est pas nouveau. Cela fait bien longtemps que la droite au pouvoir joue les chefs d’orchestre sur la scène de l’information et rythme l’agenda médiatique selon le fait du prince.
Mais cette rentrée, les relents d’une droite extrême empoisonne plus que jamais la démocratie. Cet été le Gouvernement a commencé par se livrer à une véritable campagne de dénigrement
diffamatoire contre Médiapart, site d'information qui se donne réellement les moyens d'enquêter notamment en médiatisant l’affaire Woerth-Bettencourt.
Ensuite le dossier sur la sécurité cuisiné à petit feu
à l’Élysée est prêt à être servi à la première occasion à coups d’effets d’annonce. Les évènements de Grenoble servent alors de prétexte pour lancer des ballons d’essai dans le but d’évaluer
jusqu’où le Gouvernement peut aller dans sa course aux amalgames et à la stigmatisation. La volonté de mise en scène de la majorité gouvernementale sur les expulsions fait partie intégrante du
plan. Le discours de Grenoble n’est ainsi que l’occasion de faire passer les démantèlements de camps pour une réponse de fermeté aux manifestations à Saint-Aignan qui ont suivi en juillet la mort
d'un membre de la communauté des gens du voyage. Chaque opération est alors préparée afin de donner lieu à un écho médiatique.
Le chef de l’Etat pense peut être faire ainsi diversion. Peut-être pour donner le coup de grâce aux fondements mêmes de la justice sociale avec le dossier des retraites. Mais n’en déplaise à
Monsieur Sarkozy, les Français ne sont pas dupes et ils étaient nombreux à dénoncer la supercherie du système Sarkozy le 7 septembre comme ils le seront à nouveau le 23.
Face à cela, le Gouvernement décide de relever ses manches pour revoir sa copie… c’est ce qu’on aurait pu attendre. Mais non ! Ce sont au contraire les conseillers du président qui apparaissent
pour expliquer avec le plus grand mépris pour la démocratie que les français sont idiots. Au même moment à l’assemblée, les députés de gauche font face à une manœuvre de diversion et de
manipulation de la cellule de communication de l’Elysée. En effet, dès le mercredi, ils apprennent que le détail des mesures ne sera connu des parlementaires et des journalistes qu’au moment où
toute la presse aura bouclé, et lors de la reprise des travaux du vendredi soir, l’UMP essaie de passer en force dans la nuit pour éviter le débat.
Une volonté de manipuler les Français pendant que les hommes du président occupent le devant de la scène médiatique, au mépris du fonctionnement même de la République, bienvenue en Sarkozye…
A partir d'aujourd'hui et jusqu'à samedi, nous
devons soutenir l'initiative du Comité National contre la privatisation de la Poste.Une fois de plus, Nicolas Sarkozy suscite la polémique. Comme beaucoup de mes concitoyens, je suis aujourd'hui choquée par les récentes prises de position du chef de l'Etat.
En cherchant à contourner la décision du Conseil Constitutionnel, garant du respect de notre Constitution, relative à la loi sur la rétention de sûreté, M. Sarkozy méconnait gravement un fondement de notre République. Il s'agit là d'une atteinte sans précédent à l'Etat de droit, d'une dérive grave où le sensationnalisme l'emporte sur la raison.
La loi doit être l'expression de l'intérêt général et non l'objet de manipulations médiatiques, au même titre qu'un Président de la République doit être celui de tous et non un homme pratiquant un exercice du pouvoir confinant à la monarchie élective pour le plus grand bonheur de son clan.
Je m'associe ici à Robert Badinter pour dénoncer « une période sombre pour notre justice ». La loi relative à la rétention de sûreté constitue un « changement profond d’orientation de notre justice. [...] Après un siècle, nous voyons réapparaître le spectre de « l’homme dangereux » des positivistes italiens Lombroso et Ferri, et la conception d’un appareil judiciaire voué à diagnostiquer et traiter la dangerosité pénale. On sait à quelles dérives funestes cette approche a conduit le système répressif des Etats totalitaires. » (Robert Badinter, La Prison après la Peine, le Monde du 27/11/07)
Je demande solennellement à Président Lamanda, en tant que premier magistrat de France, d'exprimer son refus de donner suite à la demande présidentielle visant à contourner le Conseil Constitutionnel. Il en va ici de la stabilité et du sens de notre Etat de droit.
Je vous invite également à signer l'Appel contre l'instauration d'un enfermement sans fin sur présomption de dangerosité, lancé à l'initiative du GENEPI, du SNEPAP-FSU et du Syndicat de la Magistrature, que vous trouverez en cliquant sur le lien suivant : www.contrelaretentiondesurete.fr.
Vos commentaires