La mondialisation à l’œuvre aujourd’hui est un fait inéluctable. Il s’agit de la réguler, de la maîtriser, de la réorienter en fonction d’objectifs sociaux, économiques, environnementaux, publics correspondant à nos valeurs et à nos principes.
Le cours libéral actuel de la mondialisation développe des effets négatifs, à l’échelle des continents et ne permet pas de répartir comme il le faudrait les richesses créées.
Les inégalités s’accroissent entre pays et au sein de chaque société, au point que des centaines de millions de femmes, d’hommes et d’enfants vivent sous le seuil absolu de pauvreté.
La faim, la soif, les pandémies continuent de sévir. Elles engendrent leur lot de conflits et de violences aveugles.
Les conflits armés, régionaux s’amplifient.
Le problème de l’eau et de l’inégalité d’accès à l’eau potable, connaît une nouvelle acuité.
Les sources d’énergie se raréfient progressivement faute de maîtrise collective.
L’environnement de la planète est menacé, tandis que le dérèglement climatique n’est plus qu’une question de génération, si rien n’est fait rapidement pour inverser la tendance. La mondialisation libérale est la fois injuste et myope. En Europe même, les délocalisations industrielles des drames sociaux et nourrissent l’inquiétude.
C’est la raison pour laquelle la France doit s’impliquer pleinement dans la relance de la construction d’une Europe sociale, d’une Europe puissance.
La France n’est elle-même que si elle parle au monde le langage de sa devise républicaine, que si elle pose les actes d’une vraie solidarité internationale.
Plusieurs propositions en découlent :
d’abord réformer l’Organisation Mondiale du Commerce, le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale dans le sens de la démocratie et de la transparence. Les normes sociales et environnementales doivent être affichées comme des critères à part entière ;
ensuite, instaurer une taxe sur les flux financiers, taxe de type « tobin », de manière à maîtriser et à réorienter les mouvements de capitaux vers des objectifs d’intérêt public. En corollaire, il conviendra aussi de s’attaquer à tous les outils de blanchiment d’argent sale, et donc aux paradis fiscaux ;
par ailleurs, conduire une vraie politique de co-développement en particulier avec les pays du Sud. C’est une nécessité politique et démocratique. C’est un impératif pour la paix, une exigence sociale et morale.
Cette politique signifie aussi l’amorce franche d’une coopération euro méditerranéenne afin d’articuler et de développer les complémentarités évidentes entre les deux rives de la Méditerranée.
Elle suppose enfin un effort sans réserve en faveur des pays du Sud afin qu’ils se dotent de politiques de santé efficaces capables de juguler les pandémies dévastatrices, comme le Sida, la malaria ou le risque de grippe aviaire. Un accès plus aisé aux médicaments génériques et l’instauration d’un fonds public mondial destiné à l’ouverture d’un droit de solidarité sanitaire, sont prioritaires.
La France a besoin d’une fonction publique forte et que les 5 millions d'agents soient respectés et valorisés. Il en va de la qualité de l’action publique et de la satisfaction de l’intérêt général. Il est urgent de réagir et de redonner aux fonctionnaires et agents publics la juste place qui est la leur dans la société, de reconnaître le rôle essentiel qu'ils y jouent et la qualité du travail qu'ils fournissent au sein de l'Etat, de l'hôpital et des collectivités locales.
Cela implique naturellement de défendre avec force la qualité du service rendu aux usagers, et d’élargir la gamme de ces services. Les deux sont indissociables. Si l'on ne souhaite pas qu'il y ait moins d'État, on ne peut en effet qu'encourager un meilleur fonctionnement de l'État.
Pour la droite, le non-remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux tient lieu d’unique « réforme » de la fonction publique, ce qui correspond à la suppression de 150 000 emplois sur 5 ans dont 80 à 90 000 enseignants.
Une telle orientation, systématisée sans aucune prise en compte des besoins de tel ou tel ministère ni analyse des nouveaux besoins, porterait gravement atteinte aux missions de l’Etat et aux services rendus aux Français.
La droite a fait du gel des dépenses publiques l'alpha et l'oméga de sa politique, sans préciser quels secteurs seraient les plus touchés (éducation, justice, police…) par les coupes budgétaires et les suppressions d'emplois drastiques.
Les conditions de vie et d'emploi des fonctionnaires se sont détériorées sans cesse, particulièrement dans les collectivités locales où 80% des personnels sont au SMIC : accroissement de la précarité, baisse du pouvoir d'achat, remise en cause des retraites. Au-delà de la situation des fonctionnaires, c’est l’intervention de l’Etat et le service public dans son ensemble que les libéraux veulent réduire. Le gouvernement fait de la fonction publique sa variable d'ajustement à la résorption de la dette.
L’Etat et les pouvoirs publics sont systématiquement affaiblis et discrédités. Ainsi, le service public est réduit au minimum et abandonne son rôle de garant de la cohésion sociale qui est pourtant au coeur de notre pacte républicain. La décentralisation est dévoyée par des délégations massives de compétences sans transfert de ressources correspondantes. Pour la droite, le démantèlement de l'action publique tient lieu de réforme.
L’avenir de l’Etat dépend de notre capacité à le faire évoluer. La réforme de l’Etat et de la fonction publique dans son ensemble, ses missions et la répartition de ses moyens, sera conduite en concertation avec les agents et leurs représentants syndicaux, sur la base d’un diagnostic partagé.
Il faut que chaque euro dépensé soit un euro utile. Des économies peuvent être faites dans certains services, quand d’autres tels que l’éducation ou la recherche ont besoin de plus de moyens.
L’utilisation des téléprocédures pour les démarches administratives auprès des fonctions publiques d’Etat et territoriale sera systématisée.
La diminution du poids de l’Etat central et l’approfondissement de la régionalisation réduiront le coût d’ensemble de la fonction publique. Une nouvelle étape de la décentralisation devra être menée, chaque nouveau transfert de compétences devant être accompagné de l’allocation des ressources correspondantes.
Des policiers expérimentés seront affectés dans les secteurs les plus difficiles. Ils bénéficieront d'une réelle différence de rémunération (avantages de carrières, aides au logement, etc.) qui les inciteront à s'y investir dans la durée.
Les conditions de travail des enseignants dans l’école seront améliorées, et la pleine reconnaissance de leurs missions assurée. Un plan pluriannuel de recrutement des enseignants, de formation et de résorption de l’emploi précaire sera préparé.
Enfin, de nouveaux instruments de contrôle par les citoyens de l’efficacité des services de l’Etat seront créés au niveau local (exemple : comités régionaux d'évaluation des politiques publiques).
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