Du mépris pour les citoyens et la
démocratie.
Hier soir Nicolas Sarkozy a encore tenté d’afficher un nouveau visage sans grande conviction. L’auto psychanalyse est devenue récurrente dans les interventions du Président de la République,
soucieux de retrouver sa cote de popularité en chute libre depuis plusieurs mois. Mais quel dédain pour les Français de se livrer ainsi à une introspection publique alors qu’ils sont de plus en
plus nombreux à souffrir de la précarité et des inégalités comme l’illustre le portrait social de la France publié aujourd’hui par l’INSEE. Quel mépris pour la mobilisation sociale sur les
retraites et l’inquiétude manifeste des jeunes. Quel déni de démocratie lorsque le président joue les professeurs autoritaires avec les journalistes au lieu de répondre aux questions et
stigmatise l’opposition au lieu d’essayer de comprendre le malaise et les attentes des Français.
Au menu : cuisine politicienne et populisme
Hier soir Nicolas Sarkozy est entré en campagne pour 2012. Malgré sa volonté de faire croire qu’il était au service de l’intérêt général, c’est plus que jamais un clan qui gouverne l’Etat. Quoi
qu’en dise le président, c’est bien un gouvernement partisan qu’il a constitué autour de lui pour préparer les élections de 2012. Il a réglé ses comptes tout en essayant d’absorber les voix
dissidentes à droite afin d’avoir le champ libre pour faire barrage à la gauche. Durant toute son intervention, il n’a eu de cesse de pointer du doigt et caricaturer la gauche, tentant de la
faire passer pour irresponsable et incarner ainsi la raison. Mais est-ce responsable de flirter avec le populisme comme il l’a fait avec ses propositions, ou plutôt ses effets d’annonce,
notamment sur la justice ?
L’entreprise de destruction sociale se poursuit
Etre responsable, ce n’est pas faire payer au plus grand nombre les avantages de quelques uns. Or la réforme de la fiscalité qu’a esquissé le président va dans le sens des inégalités et non de la
justice sociale. Au lieu de reconnaître tout simplement l’erreur du bouclier fiscal, le président cherche de nouvelles parades pour protéger ses amis par des arguments fallacieux et des
démonstrations acadabrantesques. Quant à son nouveau chantier sur la dépendance, cela s’inscrit tout simplement dans la droite ligne de l’entreprise de destruction sociale engagée depuis des
années par la droite. C’est tout simplement un moyen, après les retraites, d’achever la solidarité nationale.
Alors reconnaissons au moins une vérité dans les propos de Nicolas Sarkozy : oui il a véritablement l’intention d’aller jusqu’au bout et de ne pas s’arrêter là. Mais cela n’est pas pour nous
rassurer, car l’avenir de la France risque ainsi de s’assombrir un peu plus…





Irresponsables… Voilà la seule
réponse du Gouvernement à la mobilisation massive des citoyens pour sauvegarder les retraites. Mais qui est irresponsable ? Ceux qui veulent offrir une alternative politique à l’entreprise de
destruction sociale engagée par le Gouvernement ou les ministres qui stigmatisent les jeunes qui se mobilisent pour leur avenir ? On ne peut pas déplorer l’ascension de l’abstention les soirs
d’élections et mépriser les citoyens lorsqu’ils veulent se faire entendre. On ne peut pas se dire désespéré de la dépolitisation des jeunes et dénigrer leur engagement lorsqu’ils démontrent
qu’ils ont des choses à dire.
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